Cambodge

Battambang et le Butterfly Tour

La ville de Battambang n’est pas bien grande, nous en avons donc rapidement fait le tour et visité tout ce que nous pouvions voir à pied. Le marché central, les vestiges architecturaux de l’époque coloniale française, une jolie promenade sur la rive opposée du fleuve et quelques pagodes constituent l’essentiel des attraits touristiques de la ville.

Il est bien entendu possible de louer les services d’un tuk tuk pour partir à la découverte des environs : pagodes, grottes à chauve-souris… Mais nous sommes plutôt venus jusqu’ici pour nous poser et nous avons de toute façon eu l’occasion de visiter des sites similaires en Thaïlande. Nous faisons donc l’impasse sur ces excursions. En plus, Caro est malade et clouée au lit. Nous soupçonnons le café glacé pris dans le tout petit resto situé juste en face de notre hôtel, le Star Hôtel.

Le Butterfly Tour

24 heures plus tard, Caro est plus ou moins retapée et nous décidons donc de partir à la découverte des campagnes de la région. Notre Lonely Planet nous recommande l’agence Soksabike bien connue pour ses tours organisés à vélo. Mais le propriétaire du guesthouse où nous logions à Siem Reap, un Anglais installé au Cambodge depuis une quinzaine d’années (une vraie mine d’informations cet homme !), nous a parlé d’une autre agence : Butterfly Tour.

Butterfly Tour est une agence dont la finalité est de donner aux jeunes Cambodgiens le goût d’entreprendre. Les différents circuits touristiques proposés sont donc entièrement gérés par de jeunes étudiants qui peuvent ainsi parfaire leur anglais et faire leur premier pas dans le monde de l’entreprise. Ils sont sans doute un peu moins bien organisés et rôdés que Soksabike mais le concept correspond davantage à nos valeurs. Un coup de téléphone plus tard, nous avons réservé une demi-journée (19$/personne) à la découverte de la banlieue de Battambang mais surtout de ses habitants.

Rééquilibrage de notre échelle de valeurs

Pour éviter d’avoir à pédaler par de grosses chaleurs (nous l’avons assez fait à Angkor), nous avons choisi l’excursion de la matinée. Un tuk tuk vient nous chercher à 7h30 à l’hôtel. En chemin, il s’arrête pour prendre 2 autres touristes, un couple de Français. Arrivés sur place, nous faisons la connaissance de Song (notre guide) qui nous fait un léger briefing sur le programme à venir. C’est parti ensuite pour une petite trentaine de km à vélos, de village en village.

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Song, notre guide nous expliquant comment le riz est broyé avant d’en faire des noodles

Notre premier stop s’effectue dans un village dont la spécialité est la préparation de feuilles de riz : ces feuilles qui servent à préparer les rouleaux de printemps notamment. Nous y rencontrons une vieille dame et sa petite-fille occupées à la tâche tandis que Song nous explique le processus de fabrication… et les conditions de vie. Pas question de jours de congé ou de dimanche ici, il faut bosser pour manger. La dame verse une louche d’eau de riz (façon crêpe de chez nous) sur une plaque chauffée par un feu alimenté par les écorces des grains de riz. Rien ne se perd ! Ensuite, la feuille est posée sur un petit rondin de bois. La petite-fille les déplace ensuite sur une grille à sécher. Puis l’opération recommence presque infiniment.

Nous nous rendons ensuite dans un autre village où nous découvrons la fabrication de bananes séchées. Une autre vieille dame est assise sous un abri de bois et est occupée à découper des dizaines (des centaines ?) de bananes en fine lamelles avant qu’elles ne soient déposées au soleil pour sécher. Difficile de ne pas se remettre en question devant ce travail de Bénédictin ! Promis, nous ne nous plaindrons plus au boulot… Nous avons aussi l’occasion de goûter aux bananes séchées mais aussi à des gâteaux à base de bananes, un vrai délice.

Nous reprenons ensuite nos vélos pour nous rendre dans une fabrication de vin de riz. Song nous montre le processus de fabrication  jusqu’à la fermentation en cuve. L’étape se termine par une (trop) légère dégustation. Il est tôt mais nous refusons rarement un verre 🙂

Le quatrième stop nous emmène auprès d’habitants qui préparent des noodles khmers. A base de pâte de riz et, à nouveau, entièrement faits à la main. Un travail long et physique qui ne peut évidemment concurrencer ceux préparés de plus en plus souvent à la chaîne dans de grosses entreprises agro-alimentaires. Peut-être est-ce parce que nous sommes des inconditionnels du local et de l’artisanal mais nous les avons trouvés particulièrement bons.

Vient ensuite la partie la moins fun de l’excursion : la fabrication du poisson fermenté. Le village où nous arrivons se sent de loin (très loin !). Song nous apprend le processus de fermentation de plusieurs semaines du poisson dans d’énormes cuves en bois. Ce met constitue une des ressources en nourriture du Cambodge rural. Il nous explique aussi qu’il en mangeait 2 à 3 fois par semaine quand il vivait et travaillait encore à la ferme de ses parents. Il nous fera également comprendre qu’il ne veut plus de cette vie, qu’il espère finir brillamment ses études pour devenir gouverneur de sa région. Une belle ambition néanmoins un peu aveuglée par la couleur de l’argent… mais comment le blâmer ?

Pour conclure la visite, nous goûterons à des bambou cakes fraîchement préparés. Un vrai régal ! Les cannes de bambous sont taillées puis fourrées avec du riz, des haricots et du lait de coco. Elles sont ensuite posées sur des cendres incandescentes. Cette étape permet de cuire le dessert mais aussi de brûler une partie de l’écorce du bambou ? Ecorce qui est finalement grattée pour rendre le dessert présentable.

Bref cette demi-journée à sillonner les campagnes cambodgiennes fut un très bon moment même si nous regrettons un peu le manque de communication directe avec les locaux rencontrés.