Cambodge

Kratie : à la découverte des dauphins de l’Irrawaddy et de l’île de Koh Trong

Après le tumulte de Sihanoukville et une nuit en transit à Phnom Penh, nous prenons la route en direction de Kratie (dites Krachech…). Nous désirons y découvrir ces dauphins de l’Irrawaddy, dauphins d’eau douce sur lesquels pèsent une grave menace d’extinction… Kratie est une petite ville (ce n’est rien de le dire !) du sud-est cambodgien. Elle peut constituer une excellente escale avant de se rendre dans la Province du Mondulkiri… ce que nous avions prévu de faire avant de faire marche arrière et de le regretter !

Comment se rendre à Kratie au départ de Phnom Penh ?

Pour rejoindre Kratie depuis Phnom Penh, nous avons opté pour le bus, solution qui semblait présenter le meilleur rapport qualité-prix. Après coup, ce n’est pas ce que nous préconisons. Les bus font un large détour en empruntant une route lente en passant par Kompong Cham puis Snuol, contrairement aux minivans qui prennent une route directe.

A l’aller, nous avons voyagé avec la compagnie Sorya durant 8-9h pour un tarif de 8$/personne. Alors qu’au retour, nous avons pris un minivan directement booké à notre guesthouse pour 7$/personne et seulement un peu plus de 4h de route !

Que faire à Kratie ?

Kratie est une toute petite ville dont vous aurez rapidement fait le « tour ». Une rue le long du Mékong garnie de guesthouses et de restos. Une seconde, parallèle à la première, qui donne sur le marché central de la ville.

De nombreuses activités/visites sont possibles en dehors de la ville : temples, grottes et leurs chauve-souris. Il est très simple d’organiser un tour de ces principaux points d’intérêt en tuk tuk ou en louant un scooter. Nous avons zappé ces excursions trop semblables à notre goût à tout ce que nous avions déjà fait ou visité depuis notre arrivée en Asie.

Où loger à Kratie ?

Apparemment, le Tonle Guesthouse est « the place to sleep ». D’autant plus que ce guesthouse est à vocation sociale en formant de jeunes cambodgiens aux métiers de l’horeca. Nous n’avons malheureusement pas pu y séjourner, il était full à notre arrivée 🙁 Nous y avons néanmoins dîné un soir et nous pouvons donc témoigner du charme des lieux et de l’extrême gentillesse du personnel.

Après avoir visité 4 autres guesthouses dont les propriétaires vous attendent à la sortie du bus, nous avons finalement déposé nos sacs au Star Backpackers. Sans doute pas le meilleur souvenir de notre séjour à Kratie mais peut-on s’attendre à mieux pour 5$ la nuit dans une chambre double avec salle de bain privée ??

Soda : LE guide francophone accessoirement maître d’école (ou l’inverse)

En voyage, il est très fréquent de faire des rencontres particulières… Soda restera l’une de ces rencontres. Alors que nous étions encore à la recherche de notre logement, nous avons été abordés en français par ce maître d’école qui arrondit ses fins de mois en jouant les guides pour touristes francophones.

Le courant passe immédiatement avec Soda qui nous rappelle étrangement Antara, le guide francophone que nous avions eu lors de notre voyage à Bali (mais ceci est une autre histoire). Une bière plus tard et après de légères négociations tarifaires (juste pour le principe), nous lui demandons de nous accompagner le lendemain au bord du Mékong pour tenter d’apercevoir les dauphins. Face à notre curiosité pour son métier de professeur et nos questions sur l’occupation des enfants à l’école (il faut dire que chaque fois que nous passons devant une école, nous voyons les enfants occupés à jouer dans les jardins et jamais en classe !!), il nous propose de faire également une halte à son établissement pour une visite et une rencontre avec ses collègues.

Rencontre avec les dauphins de l’Irrawaddy

Comme convenu la veille, Soda arrive à 9h du matin au bar de notre guesthouse. Nous finissons notre petit-déjeuner et montons à bord de son tuk tuk en direction de son école. Les routes ne sont déjà pas en très bon état dans le « centre ville », que dire de celles que nous empruntons lorsque nous nous éloignons de celui-ci…

Une grosse demi-heure plus tard, nous arrivons quelque peu secoués et poussiéreux à son école. Comme à l’accoutumée, tous les enfants jouent dehors… Personne en classe ?! Nous y faisons la connaissance de ses collègues profs de sciences et de math ainsi que du directeur, occupés à papoter à l’ombre d’un porche. Mais quand donnent-ils cours ?! 🙂 La conversation n’est pas simple mais devient rapidement hilarante lorsque nous leur apprenons nos coutumes, la vie des prêtres en Europe (oui, ils semblaient avoir un attrait particulier pour ces détails), notre mode alimentaire. Ils nous expliqueront aussi que les cours se donnent à des heures différentes en fonction de l’âge des élèves, c’est pourquoi nous avons l’impression de ne voir personne en classe. Notez qu’au même moment, tous les élèves de l’école, quel que soit leur âge, jouaient dans les jardins…

Après ces riches échanges, nous remontons à bord du tuk tuk en direction des dauphins. A Kratie, les dauphins ne vivent et ne sont visibles que sur une portion bien déterminée du Mékong. C’est dû à la profondeur particulièrement grande du fleuve à cet endroit et à sa richesse en poissons. Il fut un temps où il suffisait aux curieux de se rendre sur les rives du fleuve pour admirer (de loin) les cétacés. Les Cambodgiens ont dû flairer la bonne affaire… Ils ont aujourd’hui construit un mur tout le long de la berge ! Impossible donc d’espérer voir les dauphins sans se louer les services d’un batelier… Le prix étant fixe par bateau, le meilleur plan est de le partager avec d’autres curieux… pour autant qu’il en arrive ! Après 30 minutes de patience sous un soleil de plomb, nous nous résignons à louer le bateau pour nous seuls (18$ pour le bateau et 2 entrées).

Pour répondre immédiatement à la question et ne pas laisser durer inutilement le suspense, oui nous avons vu les dauphins. Enfin aperçu plutôt. Malgré tous les efforts de notre capitaine du jour pour s’approcher en silence (donc moteur coupé) de ces si particuliers mammifères, ils ont aimé jouer à cache-cache avec nous. Nous avons dû mettre tous nos sens en éveil afin d’être à l’affût de leur rostre. Appareil photo bloqué en mode rafale et zoom à fond, nous avons néanmoins pu ramener quelques clichés sur lesquels nous devrons sans doute préciser l’endroit où regarder à nos amis. Bref une demi-déception car la balade sur le Mékong à cet endroit était tout de même agréable.

Balade à vélo sur l’île de Koh Trong

Sur la rive opposée du Mékong, face aux guesthouses de Kratie, vous apercevrez l’île de Koh Trong. Réputée pour sa vie rurale et la gestion durable de son environnement, vous pouvez y accéder très facilement à partir du « port » de Kratie (situé à côté du seul restaurant niché sur les rives du Mékong). Comptez 1.000 riels par personne et par trajet, soit environ 0,25$. Un supplément vous sera demandé si vous voulez amener avec vous le vélo que vous aurez peut-être déjà loué à Kratie. Sinon vous trouverez des vélos de qualité acceptable sur l’île pour 1$ la journée.

A votre arrivée, des conducteurs de moto vous proposeront de vous accompagner jusqu’à l’île. On débarque en effet sur une longue « plage » de sable. Si vous venez comme nous juste pour une promenade, refusez leur offre et montez à pied les 500 mètres qui vous séparent encore du loueur de vélos.

Nous avons fait le tour complet de l’île en un peu moins de 2h en prenant vraiment notre temps. La promenade est sympathique sans être exceptionnelle. Malgré l’approche durable de la gestion de l’île, nous sommes à nouveau tombés sur de nombreux déchets en plastique disséminés tout le long du chemin. L’île est aussi réputée pour sa culture de pomelos mais nous avons été bien incapables d’en dénicher un seul.

Le retour sera plus long que prévu… semant en nous durant quelques minutes un doute sur les heures auxquelles le seul bateau qui fait la traversée navigue. En fait, il ne part que lorsqu’il a suffisamment de clients à bord 🙂

Après cette journée calme mais agréable, nous rentrons au guesthouse pour nous doucher avant d’aller manger un bout. Le lendemain, nous retournons sur Phnom Penh que nous avons traversé par deux fois sans jamais nous arrêter.