Cambodge

Siem Reap : entre tradition et excès d’occidentalisation

Après le peu banal passage de frontière à Poipet, nous arrivons en fin d’après-midi à Siem Reap (prononcez Siem Rè Ap). Nous sommes accueillis par un nombre incalculable de tuk-tuk (ce n’est que le début…) qui nous proposent de nous acheminer jusqu’à notre guesthouse pour un prix dérisoire. Prix plancher qui s’explique par l’espoir de vous voir louer ses services pour la visite des temples d’Angkor.

Siem Reap & Pub Street

Nous débarquons enfin à notre guesthouse, le Baphuon Villa. Le temps de poser nos sacs et de recevoir quelques informations sur les lieux, les visites et les temples et nous décidons d’aller nous prendre un petit verre dans ce fameux quartier de Pub Street.

Nous y découvrons une succession interminable de bars, restos et vendeurs de jus de fruit dans des rues et ruelles grouillant de touristes occidentaux et de tuk-tuk. La première impression peut être sympathique mais, finalement, nous reviendrons très peu dans ce quartier artificiel et surfait. D’autant plus que la nourriture y est excessivement chère et de piètre qualité sauf si vous aimez les mauvaises pizzas et les burgers/frites trop gras.

Nous y passons néanmoins la soirée après avoir déniché non sans mal, dans une ruelle latérale, un resto dans lequel nous faisons connaissance avec la cuisine khmer. La soirée se termine tôt mais en musique dans un des nombreux bars qui propose une animation concert. En effet, le lendemain, nous comptons nous lever tôt pour débuter au plus vite la visite des temples d’Angkor !

Siem Reap : l’autre réalité

Il suffit de quelques minutes à vélo pour découvrir l’autre visage de la ville, l’authentique. Partez vers l’ouest ou descendez vers le sud vers le lac Tonle Sap pour découvrir les campagnes et le Cambodge rural. Malheureusement, l’interdiction pour les touristes de louer un scooter limite le rayon d’action.

Il est impressionnant de voir un tel changement de paysages en si peu de distance. En quelques centaines de mètres, nous passons de routes asphaltées bordées de magasins, bars ou maisons en briques à des routes de terres rouges au long desquelles nous profitons d’une vue sur les campagnes, des maisons traditionnelles en bois, des enfants en uniforme d’école sur des vélos trop grands pour eux, des vieilles dames accroupies occupées à leurs tâches quotidiennes…

Nous décidons de poursuivre vers le sud pour nous poser au bord du lac et, pourquoi pas, visiter le village flottant de Chong Kneas. Après 15 kilomètres sous un soleil de plomb, nous arrivons dans un village de pêcheurs. L’odeur y est pestilentielle, ils y préparent du poisson fermenté, un met de choix ici. Après quelques hésitations sur la suite de notre promenade, nous trouvons l’embarcadère d’où partent les excursions en bateau pour le village flottant de Chong Kneas. Grosse désillusion quand le préposé aux billets nous réclament un insensé 30$/personne pour nous y amener.

Nous faisons donc demi-tour pour retourner visiter un Wat que nous avons croisé en chemin. Nous nous y arrêtons et parquons nos vélos à côté des escaliers qui mènent au temple. Une vieille dame tente alors de nous faire croire que nous devons nous acquitter d’un droit de parking d’1$/vélo… une nouvelle tentative d’arnaque. Arrivés au-dessus des marches, un garde nous demande si nous avons un pass pour les temples d’Angkor. Nous les avons mais, finalement, nous renonçons aussi à cette visite qui nous « brûlerait » un de nos 3 jours d’entrée acheté la veille.

Nous reprenons donc la route de Siem Reap pour aller nous poser dans un bar qui nous a vivement été conseillé par le propriétaire du guesthouse où nous logeons. Après un retour tout aussi chaud et éprouvant que l’aller, nous nous ressourçons au bien nommé Peace Café, un de nos coups de cœur.

Le musée national d’Angkor

Si, comme nous, vous n’êtes pas des experts de l’histoire et de la culture khmer, nous vous conseillons de faire précéder votre visite des temples d’Angkor par une visite du musée national d’Angkor. Situé sur la route qui mène aux temples, le musée est une très bonne introduction à la visite d’Angkor. L’entrée (avec un audio-guide pour nous 2) nous est revenue à 27$.

N’hésitez pas à louer un audio-guide (en français !) pour profiter des explications sur les différentes salles que vous visiterez. Vous apprendrez ainsi à reconnaître les divinités partout gravées sur les pierres des temples et vous ferez connaissance avec l’histoire des différents rois ayant régné sur l’ancienne cité (oserais-je dire mégalopole… Angkor comptait plusieurs millions d’habitants quand Londres n’était encore peuplé que de quelques dizaines de milliers d’âmes !). Une mention toute spéciale pour la salle aux mille Bouddha qui nous apprendra la signification de la position des mains de Bouddha sur ses genoux. Vous pourrez aussi profiter de films explicatifs (disponibles aussi en français) et d’une représentation miniature d’Angkor Wat qui donne une petite idée de la splendeur passée de cette civilisation.