Laos

Champasak : un village qui rime avec quiétude

Champasak : un programme tranquille

Champasak… Aviez-vous déjà entendu le nom de cette ville avant ? Nous non plus. Tout comme c’était le cas pour Savannakhet, jamais nous n’aurions imaginé mettre les pieds un jour à Champasak. Et pourtant le flux de la vie et quelques infos prises sur le net nous ont guidés vers cette bourgade du sud laotien…

Travelfish, excellent guide pour toute l’Asie du Sud-Est, célèbre entre autres la petite ville de Champasak pour la « merveilleuse sérénité » qui s’en dégage. Or, ce qui nous plait en Asie, c’est bien sûr l’expérience incroyable que l’on peut y vivre, son côté exotique, l’aspect budgétaire, mais aussi sa philosophie si réputée en matière de zénitude et de feng shui.

Notre séjour à Champasak démarre par une petite bizarrerie : nous quittons Pakse en bus et nous arrivons à Champasak en bateau. C’est une surprise : nous pensions naïvement avoir réservé un bus direct. Mais non, le bus nous débarque juste en face de la ville… de l’autre côté du Mékong ! Deux choix se présentent alors à nous : traverser à la nage ou faire appel à un batelier. Nous optons pour l’option 2 🙂 Dans un premier temps du moins car notre certitude vacille quand il nous annonce le prix de la traversée : 70.000 kips (+/- 7€) par personne. Pour info, nous venions de payer ce même montant pour la venue en bus depuis Pakse pour nous deux. De longues minutes de négociations s’enchaînent mais il reste sur ses positions. Alors que nous commencions presque à envisager l’option 1, nous assistons à un retournement de situation, totalement incompris pour nous : il nous propose le billet à 15.000 kips. Ouf, le maillot restera dans le sac. Nous ne posons pas de question et moins de 10 minutes plus tard nous voici enfin arrivés à destination.

Champasak ou le plaisir de ne rien faire

Et la destination est belle. Nous avons surtout pu nous en rendre compte quand les chauffeurs de tuk tuk ont arrêté de nous proposer tous en même temps leur « meilleur hôtel de la ville » pour nous laisser le champ libre. Travelfish ne nous a pas menti : un sentiment de bien-être plane dans l’air. Tout semble tourner au ralenti. La recherche de notre nid se déroule paisiblement. Nous choisissons rapidement de nous installer au Anouxa Guesthouse. Ses atouts sont nombreux : jardin, terrasse du bar qui surplombe le Mékong, grande chambre et balcon confortables, location de vélos… Que demander de plus ? Accueillis joyeusement par une famille anglaise qui séjourne dans la chambre d’à côté, nous décidons de nous poser à l’hôtel. Le Lonely Planet en main, nous nous installons à la terrasse de l’établissement et buvons un verre en contemplant, entre deux pages, le léger remous produit par les allées et venues des embarcations sur le fleuve. Farniente, le ton est donné.

C’est seulement après avoir également mangé un bout que nous sortons nous dégourdir les jambes et les yeux. Cela ira vite. Champasak est une toute petite ville qui se compose d’une rue principale, bordée par quelques temples, maisons, restos et guesthouses, et le Mékong que cette rue suit parallèlement. Le tout est agrémenté d’arbres fruitiers pleins de couleurs, de sourires de ses habitants croisés ci et là… Les maisons sont particulièrement jolies et témoignent de différentes époques : 19, 20 et 21ème siècle. En bois ou en pierre, colorées ou sobres, parfois sur pilotis, elles valent le coup d’œil et rendent compte de l’évolution de l’architecture locale.

Le soir, nous décidons de souper (en belge dans le texte) simplement à l’hôtel pour profiter une nouvelle fois de la terrasse à la nuit tombante. C’est le meilleur moment pour rencontrer, non seulement des centaines de petites bêtes ailées ondoyant autour des lampes au-dessus de nos têtes et nous tombant dans l’assiette, mais surtout les autres occupants du guesthouse. Toujours ces rencontres fortuites qui ne le sont pas tant que ça. C’est à ce moment que nous avons changé nos plans pour la suite de notre voyage. Un couple de bourlingueurs sexagénaires, enjoués et enthousiastes nous ont définitivement convaincus d’ajouter la Birmanie à notre programme. Nous ne savons pas encore comment mais nous allons intercaler ce pays dans nos souvenirs.

Wat Phu : « Angkor » un temple

Le lendemain, place aux choses sérieuses. Certes, la ville de Champasak est connue pour sa quiétude et sa joliesse. Mais c’est surtout son fameux temple, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, qui attire davantage les foules : le Wat Phu.

Nous enfourchons nos vélos, que nous avons loués pour la journée, et dévalons la petite dizaine de kilomètres de l’unique voie principale de la ville qui nous conduit tout droit au temple. En plus des maisons, nous y observons la campagne et les rizières de Champasak. La balade passe rapidement sous un soleil (très) généreux. Enfin, surtout pour moi car Fab a hérité d’un vélo où 3 tours de pédales en valait un chez moi. J’ai eu du bol sur ce coup !

Laos - Champasak

Souffert, j’ai souffert 🙂

L’entrée se présente telle une vaste plaine recueillant un petit musée au loin. Nous ne le visitons pas. A la place, une fois l’entrée de 100.000 kips acquittée, nous grimpons à bord d’une petite voiturette électrique (avec le vélo, notre quota « sport » est dépassé pour la journée pour ne pas parcourir le trajet à pied) : elle nous mène à la seconde entrée de Wat Phu. Bien qu’il y a un air de « déjà vu », nous écarquillons les yeux. Un mini Angkor se plante juste devant nous.

Construit entre les 5ème et 15ème siècles, différents styles architecturaux habillent ce temple. Mais c’est le roi Khmer Suryavarman II, responsable de la construction du majestueux site d’Angkor, qui donne la structure actuelle de Wat Phu, le Temple de la montagne. Son emplacement est particulier : dressé au pied du mont Pasak, c’est lui qui confère au temple sa dimension sacrée. La montagne rappelait aux anciens rois le symbole phallique de Shiva et la source d’eau pure qu’elle offrait ont imposé la construction d’un sanctuaire shivaïte à cet endroit précis. Avant Angkor, Wat Phu était considéré comme le temple capital de la civilisation khmère. Après, il a malgré tout conservé sa sacralité et a toujours fait l’objet de rénovations. Au cours de ces 10 siècles, plusieurs temples ont occupé ce site et aujourd’hui encore, Wat Phu constitue un lieu clé pour les célébrations bouddhistes.

D’emblée, nous sommes impressionnés par sa composition gigantesque faite de deux grands bassins d’eau artificiels, d’escaliers vertigineux qui mènent au sanctuaire et à la source sacrée, des nombreuses terrasses… Le tout dans un espace naturel et ordonné. Les nombreux frangipaniers et autres arbres fleuris embaument le lieu de leur odeur enivrante. Dernier détail, et pas des moindres : la vue que nous offre Wat Phu de son sommet sur Champasak et ses campagnes environnantes est juste captivante ! Bref, nous avons savouré la visite de ce temple étonnant, et pourtant encore relativement peu connu des touristes.

Détente au Champasak Spa

Après cette matinée au cœur de l’Histoire et le retour à vélo (toujours aussi folklorique pour Fab sous un soleil encore plus présent), nous nous octroyons un moment de pure détente. Vous auriez fait quoi, vous ? Nous, on s’est dit qu’un petit massage, ce serait sympa. Comme la vie fait bien les choses, juste à côté de notre guesthouse se trouve le Champasak Spa, un centre de bien-être apparemment anthologique. Je confirme.

Pour notre premier massage en Asie, nous n’avons pas été déçus. Nous sommes reçus comme des princes dans cette maison traditionnelle. Dégustant un thé froid aux saveurs douces et exotiques, nous nous entretenons avec Nathalie, une française à l’origine de ce projet, qui nous explique le mode de vie laotien et les différents soins prodigués. L’heure qui a suivi cette séance de présentation a juste été exquise. Enveloppés dans nos essuies (comprenez serviettes amis Français), nous avons été cueillis par la dextérité des mains expertes sur nos corps quelque peu malmenés depuis le début de ce voyage. Un instant de plaisir intense empli de sérénité qui est passé bien trop vite. Une fois remis de nos émotions, nous avons encore eu droit à quelques douceurs gustatives appréciées devant la vue toujours aussi paisible du Mékong.

Si vous passez par Champasak, un conseil : arrêtez-vous dans ce centre de bien-être pour y prendre rendez-vous. En plus de vivre un moment de grâce, vous participerez au projet de Nathalie, à la fois durable et sociétal. D’une part, elle permet aux masseuses, formées par ses soins, de pouvoir travailler à côté de leur domicile. D’autre part, Nathalie et son équipe n’utilisent que des produits 100% naturels voire bio et faits maison. Intéressé(e)s ? Visitez son site !

Champasak : pourquoi vous devez y aller ?

Vous l’avez compris, ce séjour nous a plu. Et si on rajoute l’expérience du Nakorn Café Restaurant et de sa cuisine fusion tenue par un compatriote Belge et son épouse laotienne, nous avons le sourire aux lèvres rien que d’y penser. Je vous pose le décor : en face du restaurant, dans une jolie structure en bois surplombant le Mékong, ouverte et éclairée par une lampe à huile, une table basse en bambou est entourée de petits bancs et coussins colorés (plus ou moins) confortables. Nous y dégustons l’apéro en profitant (des dizaines de moustiques) et du coucher de soleil sur le fleuve. Par moment, Jacques, le patron, nous rejoints et nous discutons sur le thème quitter la Belgique pour s’installer au Laos (faut dire que le rythme de vie est tentant ici). Ça laisse rêveur… Au menu, salade de papaye (vachement) bien relevée, sticky rice et plat en sauce cuisinés par Madame. Pour les amateurs de bières en manque du pays, des Leffe et autres spécialités belges sont disponibles mais bien sûr, il faut y mettre le prix.

Le ventre bien rempli, il ne nous restait qu’une chose à faire avant d’aller au lit : laver notre linge. Et oui, il faut bien que ça se fasse. Surtout quand nous partons 6 mois avec, à peu près, 3 t-shirts, 4 slips, 3 shorts et 2 pantalons. Un peu plus pour moi quand même… Laver nos vêtements (à l’eau froide), c’est une chose. Les faire sécher, quand on n’a rien pour les suspendre, c’en est une autre. Heureusement que Fab développe ses talents de bricoleur et de magicien pour parvenir à constituer un sèche-linge de fortune entre la poignée de la fenêtre et une lampe murale… le tout surplombant notre lit et aéré par notre ventilo pour accélérer le séchage ! La corde, en plus de rester accrochée, supporte le poids de nos habits. La classe, je dis ! C’est comme des enfants que nous nous endormons la tête dans les étoiles dessinée par le linge propre au-dessus de nos têtes en pensant déjà à nos nouvelles contrées…