Vietnam

Hué : visiter la cité impériale

Hué : nos incontournables et coups de coeur

Samedi 9 janvier 2016, fin d’après-midi, notre bus couchettes nous dépose dans l’ancienne capitale impériale. Premier ressenti : après la douce parenthèse d’Hoi An, nous retrouvons le brouhaha des grandes villes en heure de pointe, excités et impatients de visiter les anciennes richesses de Hué, classées par l’Unesco depuis 1993.

Hué (aspirez bien le « h »), scindée en deux par sa « rivière des parfums », ou Song Huong, présente l’ancienne cité au nord et la nouvelle ville au sud. C’est au centre de cette dernière que nous logerons. L’arrêt du bus Sinh Tourist est situé à quelques encablures du centre de la nouvelle ville et il ne nous faut pas longtemps pour rejoindre l’hôtel que nous avions préalablement réservé. Il s’agit du Sunny A et nous ne pouvons que vous le recommander ! Le personnel est charmant et aux petits soins, la chambre est moderne, propre et confortable, la localisation est idéale et les prix sont raisonnables : comptez 270.000 dôngs/nuit, soit environ 11 euros.

Le soir-même, parce que nous avions envie de jouer les touristes tranquilles, nous nous laissons tenter et réservons les excursions proposées par l’hôtel. Pour 1.120.000 dôngs au total pour nous deux, nous négocions la visite des tombeaux des empereurs de la fameuse dynastie Nguyen, leurs environs et un tour sur la rivière le premier jour ; la visite de la Citadelle la matinée du deuxième jour. Le tout avec guide, chauffeur et repas.

Le planning des deux journées suivantes bouclé, il ne nous reste plus qu’à aller manger et découvrir les spécialités culinaires du coin. Elles sont nombreuses ! 🙂 Pour les déguster, nous avons opté pour un menu découvertes du resto Hanh. Décidément, après Hoi An, le voyage des saveurs continue ! Nem lui, Banh khoai, Banh beo… Ou, pour être plus clairs, des petites saucisses enroulées sur une tige de citronnelle, des crêpes de riz, des coupelles composées de crème aux crevettes… Tout ça était délicieux et riche en bouche. J’exagère à peine si je dis que la sensation éprouvée me fait un peu penser au « Ratatouille » de Disney, où plutôt à son pote qui découvre des mets raffinés qui contrastent avec ce qu’il mange habituellement. Où des éclairs de mille couleurs dansent au-dessus de sa tête dans une musique enchanteresse. Vous visualisez l’image ? 🙂 Vous retrouverez dans ce resto l’authenticité de la cuisine vietnamienne dans une ambiance de cantine populaire. Les prix sont doux et le service efficace. Petit conseil : allez-y tôt car le restaurant ferme ses portes dès 21h.

Hué : visite des tombeaux des empereurs

Le lendemain, les choses sérieuses commencent. Après un copieux petit-déjeuner avalé à l’hôtel, nous nous dirigeons vers le bout de la rue où un bus nous rejoint quelques minutes plus tard, avec à son bord notre guide et d’autres touristes de tout âge. Chacun est prêt à admirer et mitrailler les beautés historiques situées de l’autre côté de la rivière, nous y compris. 🙂

Durant ces deux jours, nous serons plongés dans l’ambiance « club de vacances organisé » où (presque) tout le monde écoute religieusement les explications, conseils et remarques humoristiques que le guide énonce dans son micro. Expérience plutôt sympathique et confortable qui change de notre mode de voyage habituel. Nous profitons.

L’excursion débute joliment par la visite de la Pagode de la Dame céleste, nommée localement Thien Mu. Il s’agit de la tour octogonale la plus haute du Vietnam. Composée de 7 étages représentant tous une apparition humaine de Bouddha, elle s’étire sur 21 mètres de hauteur. La légende nous raconte qu’un jour, une vieille femme (céleste) est apparue en ce lieu et y a déclaré que c’était l’endroit propice pour construire un sanctuaire bouddhiste, que ceux qui l’établiraient recevraient en échange fortune et prospérité. Cette pagode date du 19ème siècle, la belle époque de la dynastie des empereurs Nguyen, initiateurs de sa construction.

Nous poursuivons par la propriété d’An Hien, une maison en bois nichée au cœur d’un jardin d’éden de plusieurs hectares. La « maison-jardin », ou nha vuon, est un type de vieille habitation surtout mise en valeur par la végétation travaillée qui l’entoure. On en compte plus ou moins 1800 à Hué et sa banlieue. Elles forment, au même titre que sa Citadelle et ses tombeaux, l’identité de la ville. Celle-ci est appelée la « véranda de la quiétude » ; elle porte bien son nom. 🙂

Après la pause dîner, nous attend l’un des plus beaux attraits de cette ancienne capitale : ses principaux tombeaux. Dans l’ordre de la visite, nous contemplerons ceux des empereurs Minh Mang, Khai Dinh et Tu Duc. Ces mausolées extravagants présentent tous leurs propres caractéristiques, certains mêlant styles européen et vietnamien, d’autres plus authentiques. Nous avons préféré celui de Minh Mang, entouré d’une forêt, pour son côté plus sobre et plus typique, avec ses étendues d’eau, ses allées de bonsaïs, ses couleurs et sa grande cour protégée par les statues en pierre figurant l’empereur et sa garde rapprochée. C’est également le tombeau le mieux conservé. Celui de Tu Duc est le plus grand ; le mausolée de Khai Dinh, le plus impressionnant avec la mixité de styles architecturaux différents, imprégné par l’époque indochinoise. Les trois valent donc le détour.

On peut se demander pourquoi ces empereurs ont décidé de s’installer à Hué ? La cité, capitale du pays entre 1802 et 1945, n’est qu’une bourgade populaire et campagnarde à cette époque et Danang, située à seulement 100 kilomètres, est déjà bien plus développée. La raison, toute simple, nous a été dévoilée par notre guide : la localisation d’Hué était juste parfaite stratégiquement et commercialement avec sa rivière et son enclave entre 3 montagnes et la mer. La ville, proche des lieux importants, était ainsi protégée de toute part et offrait une vue imprenable sur ses ennemis.

Juste pour l’anecdote, puisqu’on est dans les révélations, connaissez-vous la signification du drapeau vietnamien ? Rouge vif, il comporte en son centre une étoile jaune à cinq branches. Le rouge symbolise le sang versé durant les guerres pour l’indépendance ; le jaune, la couleur du peuple vietnamien ; et l’étoile, l’unification de ce peuple à travers ses cinq classes sociales : les paysans, les ouvriers, les soldats, les intellectuels et la jeune génération.

Comme convenu, nous terminons cette journée par un tour sur la rivière des parfums. Celui-ci a été plutôt bref et banal mais il nous a permis d’apprendre la signification de son nom. Il paraît qu’en automne, les fleurs des arbres qui l’entourent tombent dans son eau et embaument sur leur passage toute la ville de Hué. En plus des arbres, la rivière est aussi bordée, en son centre, de bars lumineux et d’échoppes de souvenirs qui la rendent plus sympathique sur ses rives qu’en son sein.

Hué : visite de la cité impériale

Le clou du séjour arrive le lendemain matin lors de notre rendez-vous avec la Citadelle, le cœur de Hué. Nous retrouvons notre guide à 9h à la « porte du midi » du site. Cette porte, Ngo Mon, constitue déjà une visite en soi. Il s’agit de l’entrée principale, formée de 3 sous-entrées. Si vous y allez, vous verrez que sa partie centrale, en jaune, était celle réservée uniquement à l’empereur (le jaune symbolisant la couleur impériale), celles de droite et de gauche étaient respectivement réservées aux mandarins militaires et civils. C’est par là qu’on accède à l’Enceinte impériale : les monuments-phare du site s’y présentent.

C’est la citadelle dans la Citadelle ; une petite ville qui comprend la résidence de l’empereur, des temples et autres palais… Sa dimension est impressionnante. A côté, vous pourrez aussi y admirer le Hall des Mandarins, le théâtre royal (devenu aujourd’hui le conservatoire national de musique), des jardins tel le Co Ha, les 9 canons symbolisant la puissance et la stabilité du règne des empereurs, gardiens de la Citadelle, les 9 urnes dynastiques en bronze construites en l’honneur de 9 empereurs qui ont marqué la Dynastie Nguyen, sculptées sous le règne de Minh Mang. Je m’arrête là car nous risquons d’être plus complets que le Lonely Planet 🙂

Après ces journées riches culturellement, nous avions envie de plus d’aventures et surtout de nature ; c’est parti pour Phong Nha !