Laos

Vientiane : une étape presque capitale

Une page se tourne sur Hanoi alors que notre route se poursuit vers de nouvelles découvertes. Après le sud de la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam, nous voici donc au Laos. C’est fou comme le temps passe vite ! Nous ne sommes pas mécontents de quitter la grisaille et la bruine de la capitale vietnamienne et notre montée dans l’avion se fait dans l’excitation de ce qui nous attend… même si Fab n’est pas fan des vols opérés par les compagnies locales. Inquiétude qui s’avère inutile, la compagnie Air Asia correspond à notre Ryanair et le trajet se déroule sans encombre.

Ô joie, à notre arrivée, ciel lumineux et 30 degrés à Vientiane. Le soleil n’est pas le seul à nous accueillir, une cohorte de taximen et chauffeurs de tuk tuk nous escorte dès la sortie du terminal pour nous suivre de près partout où nous allons jusqu’à obtenir au moins 374 No thanks ; not now, we’ve just arrived… » (Patients nous sommes !)

Avant de découvrir la ville et nous trouver un hôtel, il nous faut un ATM et, pas de bol, nous manquons celui que nous voulons dans le hall de débarquement. Il est important de savoir qu’au Laos, comme presque partout en Asie du sud-est d’ailleurs, les banques limitent drastiquement le montant des retraits aux distributeurs. Ici, c’est 1.000.000 de kips (oui, on est vite millionnaire au Laos :-)), soit l’équivalent de seulement 112 euros… Il est donc important de s’organiser sans quoi les retraits coûtent vite une fortune puisqu’en plus de la commission que votre banque va gentiment se prendre, la banque locale va elle aussi s’enrichir sur votre dos en vous délestant de plus de 5 euros de frais de retrait. Conseil précieux donc : préférez les banques ANZ et BFL qui pratiquent une limitation un rien plus normale de près de 225 euros (ou 2 millions de kips). Nous n’en profiterons pas cette fois-ci.

Vientiane : une capitale très calme

Finalement, après avoir quitté l’enceinte de l’aéroport et ses taximen, nous nous mettons d’accord une rue plus loin avec une (c’est rare) chauffeur de tuk tuk. Pour 30.000 kips, nous voici partis brinquebalants vers la capitale.

Premier contraste avec Hanoi, et toutes les grosses villes vietnamiennes, c’est le calme régnant. Ça vit, c’est mouvementé mais pas chaotique. La mobylette n’est pas si fréquente au Laos, ça accroît la sérénité. Il faut dire aussi que les touristes sont peu nombreux en cette saison. Nous nous disons du coup que ce sera plus simple pour nous de trouver notre nid : moins de demandes donc plus de choix, logique ! Pour le choix, nous avions vu juste ; pour les prix par contre, c’est une autre histoire. Vientiane est vraiment, vraiment chère pour les hébergements. Ça, c’est un second contraste avec le Vietnam. Nous avons dû rencontrer pas loin de 10 hôteliers, et parcourir presque autant de va-et-vient nos deux sacs sur le dos, pour finalement nous arrêter sur une option correcte au vu de l’offre : une chambre avec salle de bain privée et petit-déjeuner pour 26 euros la nuit (contre 12 pour notre dernier hôtel à Hanoi, qui n’était pas le moins cher). Une fois notre chambre dénichée, nous nous plaisons à déambuler dans Vientiane sous le soleil mais sans les sacs. Pas encore de visite au programme, juste une envie de s’imprégner de l’ambiance du centre-ville avec ses larges avenues, ses petites ruelles, ses nombreux temples et ses bars branchés, entourant la place centrale Nam Phou. Une jolie fin d’après-midi.

A Vientiane, c’est le pied… qui pose problème !

Le lendemain, nous avons un peu regretté de ne pas avoir commencé les visites la veille… Le soleil ne semble déjà plus vouloir montrer le bout de son nez et Fab ressent une douleur lancinante dans le pied. En fait, cela fait quelques jours que son pied le gêne et il découvre maintenant pourquoi : une vilaine infection suite à un petit bouton mal soigné… Le problème, c’est que les médicaments en notre possession ne nous servent à rien et que son pied commence à enfler sérieusement ; le poser à terre est douloureux.

Nous nous renseignons sur le net et dans les guides pour trouver un hôpital et nous apprenons qu’il est fortement déconseillé au Laos de consulter un médecin local et d’acheter des médicaments, surtout pour cause de mauvais diagnostic et de contrefaçons. C’est quand même hallucinant de lire qu’il faut à tout prix éviter les hôpitaux et pharmacies sous peine d’aggraver notre état de santé ! Ça rassure… Le stress monte et nous pensons déjà au rapatriement. Nous envoyons des photos et demandons conseil à notre médecin à Liège via WhatsApp, mais une de ses réponses plutôt laconique « Ouh, c’est moche, ça ! » nous inquiète plus qu’autre chose. Entre-temps, le pied de Fab peut désormais être dignement comparé à un melon, sauf qu’il vire au bleu-rose… Et nos ventres commencent à sérieusement se nouer !

Nous joignons notre assurance pour toutes les formalités et finissons, enfin, par trouver une clinique française, privée, à Vientiane. Europ Assistance nous confirme que c’est bien dans celle-là et pas dans une autre qu’il faut se rendre. Première heure du jour le lendemain, nous y sommes. Une réceptionniste laotienne, parlant parfaitement le français, nous accueille. Quelques minutes plus tard, nous rencontrons le médecin expatrié. Nous sommes pris en charge et nos ventres se dénouent peu à peu. Le gros risque, c’était que l’infection enflamme l’os de la malléole. Nous nous y prenons juste à temps et au final, Fab s’en sort avec du repos et la prise d’antibiotiques pendant une semaine. La partie moins agréable est qu’il doit s’arracher une partie de la peau infectée… Un nouveau rendez-vous est pris pour un contrôle quelques jours plus tard et le verdict est bon. Ouf !!!

Vientiane : que faire durant une semaine ?

Nous sommes donc bloqués pendant près d’une semaine dans la capitale laotienne sans pouvoir beaucoup bouger. Le climat ne s’améliore pas et la drache (c’est du belge, comprenez les pluies incessantes) se fait quotidienne. Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là, surtout que Vientiane est jolie mais ne semble pas regorger de mille et un attraits touristiques ? On visite les cafés aux alentours et on goûte les pâtisseries ! Ce qui n’est pas tout à fait pour me déplaire, j’avoue… ^_^ D’autant plus que le Laos semble avoir préservé une partie de la culture française de sa période coloniale. Nous apprendrons plus tard que cette atmosphère coloniale n’est qu’une mise en bouche de ce que nous réserve Luang Prabang, tant du point de vue culinaire qu’architectural. Les petits gâteaux et les viennoiseries sont extras. Pour l’anecdote, nous avons même dégusté le plus gros soufflé au chocolat du monde ! Enfin, peut-être pas du monde mais, en tout cas, il était gigantesque, très bon et surtout, interminable. Bref, quelques heures sont englouties à goûter, mastiquer, avaler et digérer des plats et desserts plutôt sympas. Nos bouches font le tour du monde en rencontrant des mets laotiens, mais aussi français, belges, italiens, thaïlandais… En fait, comme le Laos a longtemps été sous domination thaïlandaise, ses spécialités culinaires diffèrent peu de celles de son voisin et on y retrouve par exemple beaucoup de curry et de plats en sauce. Du coup, on trouve peu de resto typiquement laotien.

Au Lao Kitchen toutefois, nous satisfaisons nos papilles avec une jolie spécialité locale : le laap. C’est quoi me direz-vous ? Et bien, c’est une sorte de hachis de viande (poulet, bœuf ou canard) cuit au citron, servi froid en salade avec du riz gluant. Surprenant en bouche, à tester ! 🙂 Un conseil : précisez la « gradation de piment » que vous désirez dans votre assiette en enlevant toujours au moins un degré ». C’est du vécu. 😅 Ceci dit, ça réchauffe ! Il n’existe évidemment pas de chauffage dans les établissements au Laos et pire, il n’y pas toujours de fenêtre. En temps normal, pas de souci, mais je vous rappelle que nous profitons joyeusement d’un climat à la belge.

Vientiane - Laos Kitchen

Le fameux Laap

Un  autre resto retient particulièrement notre attention, mais pas pour les mêmes raisons, Le Vendome. Nous voulons nous faire plaisir dans cette brasserie chic et bien cotée. Dès notre arrivée, nous ressentons le service très à la française, on nous installe à une jolie table dressée de blanc en terrasse (c’est la fête, il ne pleut pas), on nous apporte les menus et on nous demande plusieurs fois si tout va bien. Et oui, tout se déroule à merveille : la cuisine est bonne, le personnel charmant. C’est même ici que nous avons eu droit au fameux soufflé au chocolat. 😋 Seul bémol : le côté peut-être un peu trop chauvin et franchouillard des patrons. Alors que nous bavardions et profitions de nos plats, nous avons eu droit sans le vouloir à toute la discussion qui se déroulait derrière nous entre les patrons et un couple de leurs amis. Elle portait de tout son long sur les rapports qu’ils entretenaient avec leur personnel, que nous avions trouvé par ailleurs charmant. A les entendre, c’était une bande d’incapables qu’il fallait toujours prendre par la main, chanceux qu’ils étaient de les avoir comme chefs. Des minutes entières de plaintes et critiques. Quel dommage ! Ce n’était pas vraiment cette France-là que nous étions venus chercher dans ce resto. Autre surprise pour clôturer la soirée : les frais supplémentaires pour le règlement par carte bancaire qui sont venus s’ajouter à la note déjà salée.

Vientiane - Le Vendôme

Ca, c’est du soufflé !

Dernier bar/restaurant à avoir retenu notre attention : le Chokdee Cafe. Difficile pour un couple de Belges de passer à côté du seul bar belge de la ville. Au menu, les incontournables carbonades, les moules et, bien entendu, les frites. Sans doute pas les meilleures du monde mais un retour gustatif au pays qui ne déplaît pas. Et je ne vous parle de l’imposant choix de bières belges importées, Fab a apprécié.

Les jours avancent et Fab se remet peu à peu (debout) ; nos promenades peuvent reprendre doucement entre les gouttes de pluie (et les petits desserts). Nous en profitons pour visiter les incontournables de Vientiane : le Patuxai, le Vat Sisakhet, le palais présidentiel, le That Dam, la place Nam Phou avec sa fontaine, etc. Seul regret, nous n’aurons pas l’occasion de nous rendre à Xieng Khuan, le parc aux Bouddhas, situé un peu à l’extérieur de la ville. Beaucoup de noms « barbares » que nous allons tenter de vous expliquer… 🙂

Vientiane : quelques incontournables

Le Patuxai est l’Arc de Triomphe laotien. Erigé au vingtième siècle, il rappelle volontairement celui de Paris afin d’honorer les soldats morts pour l’indépendance du pays contre la France. Il symbolise de façon littérale la Porte de la victoire, patu signifiant tout simplement porte ou passage et xai, victoire. On peut y monter pour 3.000 kips ; la vue sur la place et la ville est jolie. Entouré de jardins et fontaines, ce monument se situe au centre des larges avenues dont l’une donne directement sur le Palais présidentiel.

En face donc, nous y admirons le Palais présidentiel. Il a vu ses fondations commencer en 1973 mais, pour des raisons politiques, il n’a ouvert ses portes qu’en 1986. Majestueux, à la fois sobre et imposant de par son architecture coloniale, il nous a donné l’envie d’en voir plus. Ne l’espérez cependant pas : bien que le président laotien n’y vive pas, le palais est fermé au public et ne peut donc être contemplé que de l’extérieur. Dommage. A trois pas de lui par contre, nous avons pu visiter le fameux Vat Sisakhet.

Il s’agit du plus vieil édifice religieux de Vientiane (presque) intacte, le Vat (ou temple) Sisakhet date du 19ème siècle. Inspiré de l’architecture thaïe, on dit que ce serait pour cette raison qu’il s’est vu épargner par les Siamois (anciens Thaïlandais) lors de leur invasion et qu’on peut donc l’admirer aujourd’hui. La visite vaut le coup, surtout sous le soleil, quand la pluie décide de faire une pause. Ce site coloré comprend une riche collection de statues de Bouddha, principalement en bronze, qui vaut le détour et l’on peut y voir également plusieurs stupas, monuments dédiés aux rites funéraires. Alors que le temple en lui-même est magnifique, nous avons aussi adoré flâner dans ses jardins. Comptez 5.000 kips par personne pour la visite.

En parlant de stupas, il y en a un autre, bien connu, situé au centre de la capitale, à quelques dizaines de mètres de la principale rue de tous les bars : le That Dam. Un flou historique l’entoure mais les historiens pensent le dater au 16ème siècle. Sa particularité réside dans son anachronisme : son état d’abandon, particulier pour un site religieux, dénote avec son environnement fait de boutiques et cafés. Nous avons lu qu’il aurait été construit pour protéger le peuple des invasions, ce qu’il a manifestement échoué… C’est cet échec qui lui vaut d’être peu à peu rongé par la végétation. Cependant, il ne fut pas réduit en poussières pour autant, superstition oblige.

Enfin, Vientiane profite également du Mékong. Vu les températures particulièrement basses du moment, nous n’avions pas envie de nous y attarder plus que cela. Pour vous représenter ce froid inhabituel (qui provenait apparemment d’une grosse dépression sur la Chine et le Japon), nous avons appris qu’au nord du Laos des troupeaux entiers de buffles avaient été décimés par le froid, mais plus grave encore, que des enfants n’avaient pas survécu dans les villages par manque d’expérience et de matériel.

Ce n’est que quelques jours plus tard, lors d’une halte sur notre parcours entre les villes de Pakse et de Vang Vieng, que nous avons pu visiter brièvement les abords du fleuve, entre deux bus, sur un temps de midi. Autant dire que nous n’avons pas vu grand chose si ce n’est ses rives aménagées, sur quelques mètres seulement, en bars et écrins de verdure. Le reste semblait bien moins entretenu…

La capitale laotienne est une jolie entrée en matière du pays ; dommage que nous n’ayons pu en profiter comme nous l’aurions souhaité. Une seule envie à présent : descendre vers le sud. Direction Savannakhet !