Albanie

Roadtrip en Albanie : à la découverte du nord

Albanie : Tirana, Shkodra et Kruja

Il est déjà plus de 17h quand nous découvrons le hall d’arrivée de l’aéroport de Tirana, nous y sommes ! Enfin, pas tout à fait, nous devons d’abord remplir les formalités douanières, nous faire gentiment tirer le portrait avant de pénétrer formellement sur le territoire albanais. Pour les ressortissants européens comme nous, la carte d’identité suffit. Avant de rejoindre le centre de Tirana et notre hôtel préalablement réservé, nous devons encore récupérer la voiture de location et changer quelques euros contre des Lekkes, la monnaie locale. Le taux de change est assez stable : 1 EUR = environ 135 Lekkes.

Nous trouvons un agent de change dans le hall de l’aéroport où nous nous apprêtons à changer seulement une cinquantaine d’euros, les taux étant plus favorables dans le centre-ville. Mais l’agent de change lui-même nous refuse le change en nous expliquant dans un français parfait que nous y perdrions de trop. Sympa et première impression plus qu’agréable. Il nous rassure, même en soirée, nous trouverons facilement un bureau de change dans le centre de Tirana.

Albanie : conduite et état des routes

Nous avons récupéré notre voiture et c’est un brin stressés que nous prenons la route. Ce que nous avons pu lire de la conduite albanaise et de l’état des routes du pays nous a moyennement mis en confiance. Les premiers kilomètres sont calmes… avant d’arriver dans la douce folie de la capitale. On peut le dire d’emblée, la conduite des Albanais est toute spéciale. Si vous avez connu la conduite du sud de l’Italie il y a quelques années ou si vous êtes un habitué de la place de l’Etoile à Paris, vous êtes encore loin du compte 🙂

Le meilleur conseil que je puisse vous donner est d’être vigilant à tout moment. Les Albanais sont imprévisibles. Ils peuvent par exemple s’arrêter, apparemment sans raison, à tout moment sur l’autoroute. Non pas sur la bande d’arrêt d’urgence mais sur la 1ère bande… Ils n’utilisent jamais leur clignotants avant de déboîter ou de changer de direction. Quant aux ronds-points, nous n’avons toujours pas compris les règles de priorité, elles sont variables sans doute. La circulation y est d’ailleurs souvent organisée par un ou plusieurs policiers.

Les routes, elles, ne sont pas en aussi mauvais état que ce nous l’avions imaginé. Et plus vous descendez vers le sud, plus touristique, meilleures elles sont. Veillez néanmoins à rester attentifs car elles peuvent quand même réserver quelques surprises.

Tirana : l’Albanie qui s’occidentalise

Nous ne restons qu’une soirée et une nuit à Tirana, nous prévoyons d’y revenir avant de reprendre notre vol retour. Nous séjournons à l’hôtel Bylis, sympa et très bien situé à proximité de la Place Skanderberg. Mention spéciale aussi à l’accueil, une des employées nous ayant même accompagnés en voiture jusqu’au parking le plus proche.

Une fois installés, nous partons nous rafraîchir et prendre le pouls de la ville entre la Place Skanderberg, le Musée Historique, le Centre de Conférence et les rues et ruelles adjacentes. Nous nous posons dans un des nombreux cafés de la Place Lulishtja et nous regardons la vie se dérouler devant nous. Très sincèrement, nous qui nous attendions à un petit choc culturel, nous nous sentons comme à la maison. La vie est trépidante. Voitures, bus et taxis donnent le rythme tandis que les passants se croisent avec frénésie un smartphone à la main ou collé à l’oreille. D’énormes publicités couvrent les encarts tandis que les opérateurs téléphonie et internet rivalisent de promotions pour s’attirer les faveurs des consommateurs. Nous achetons nous aussi une carte sim afin d’avoir une connexion à internet et, surtout, à Google Maps en toutes circonstances. Les indications routières sont parfois inexistantes. Pour info, nous avons obtenu une carte avec 400 minutes d’appel et 10 Gb de data pour 1.100 Lekkes, soit à peine plus de 8€ chez Vodafone.

La soirée se termine à la table du restaurant italien Piazza. Ça s’annonce bien l’Albanie.

Skhodra : le nord de l’Albanie et les Alpes

Réveil matinal le lendemain, nous prenons la voiture direction le nord du pays à Skhodra. Le temps d’avaler notre petit-déjeuner, de chercher quelques provisions et nous quittons Tirana. 110km nous séparent de notre destination mais notre GPS nous indique 2h30 de route. Nous mettrons finalement plus de 3h pour rallier Skhodra, la circulation étant plutôt dense et les camions très nombreux. Nous pensions faire une halte à la lagune de Patok sur le chemin mais nous préférons continuer notre route. Nous ferons peut-être un stop en redescendant.

Après quelques péripéties et hésitations dues à notre GPS, nous arrivons enfin à l’hôtel Blini dans lequel nous pensons passé la nuit. En septembre, aucun besoin de réserver à l’avance, nous n’avons que l’embarras du choix ! Le patron est d’ailleurs ravi de nous voir arriver, les touristes sont rares.

Autant vous le dire d’emblée, Skhodra est jolie mais présente néanmoins peu d’intérêt SAUF si vous vous dirigez vers les Alples albanaises. Nous avons fait le tour des principales choses à voir en une paire d’heures : le lac, la citadelle de Rozafa (mal entretenue et pas mise en valeur) et la mosquée de plomb. Nous passons dès lors le reste de la journée entre le très joli centre historique, ses jolies maisons bourgeoises du 19ème, ses bars et restaurants et la promenade au bord du lac sur laquelle se retrouvent en soirée à peu près tous les Albanais de la ville.

Nous estimons mal encore le temps que nous devons consacrer à chaque étape de notre roadtrip. Il nous semble compliqué de prendre le temps d’aller jusqu’au lac de Koman pour percevoir un court instant l’atmosphère des Alpes albanaises, la vallée du Theth et celle d’Albona. Avec le recul, nous avions réellement le temps d’y consacrer au moins un jour et nous aurions dû le faire. Un petit regret… qui nous obligera à revenir dans ce merveilleux pays !

Kruja : la belle cité médiévale

Dès le lendemain, nous redescendons vers Kruja (ou Krujë) qui se situe à seulement 1h30 de route de Skhodra. Kruja est une cité médiévale agrippée aux falaises. Elle est aussi le berceau du héros national, Skanderberg, qui a défait le siège des Ottomans au 15ème siècle.

Pour l’étape, nous avons choisi de nous faire plaisir et de séjourner au magnifique Hôtel Panorama avec vue directe sur la citadelle et la vallée. Ce sera de loin l’hôtel le plus cher de notre périple avec ses 45€ pour la chambre confort et petit-déjeuner compris. Il les valait largement.

Vue imprenable sur la ville et la citadelle

Après avoir goûté au traditionnel byrek, un sandwich de pâte feuilletée fourré selon vos envies de poulet, épinards, porc, pommes de terre… nous entamons notre ascension vers la citadelle de la ville, son château et son musée ethnographique. Anecdote amusante : chaque ville albanaise a sa citadelle, son musée national et son musée ethnographique 🙂

La citadelle est ici bien mieux entretenue qu’à Skhodra… tellement bien entretenue qu’elle ne ressemble plus à une citadelle. Ils ne sont jamais contents allez-vous dire 🙂 En fait, il s’agit d’une critique que nous avons lue et entendue plusieurs fois. C’est vrai que cette citadelle antique ressemble aujourd’hui plutôt à un château flambant neuf flanqué de jardins savamment entretenus. Nous trouvons aussi une tour de garde, la tour de l’horloge ainsi que les ruines d’une église médiévale. La citadelle abrite également quelques restaurants, bars et même 2-3 guesthouses. Nous apprécions tout particulièrement la visite du musée ethnographique, une sublime demeure traditionnelle construite en 1764, qui nous en apprend beaucoup sur le mode de vie des familles albanaises entre le 18ème et le 19ème siècle, la place de la femme, la mode…

Avant de quitter les lieux et de redescendre vers le Vieux Bazar situé en contrebas, nous faisons un détour par le Tekké Dollma, un lieu de culte consacré au bektachisme, une branche de l’islam qui prône la tolérance.

Le Vieux Bazar, présenté comme un marché artisanal, est une suite d’échoppes en bois le long d’une courte rue sinueuse faite de gros pavés lissés par le temps. On peut tout y trouver : du tapis d’orient au drapeau national. Sincèrement, il nous a laissé plutôt de marbre si ce n’est pour les quelques beaux clichés que nous pouvons y faire.

Nos visites du jour terminées, nous décidons de profiter de notre belle chambre d’hôtel et de sa terrasse. Avant, nous passons par la réception pour nous réserver une table en soirée dans le restaurant réputé de l’hôtel. Après avoir profité du coucher de soleil, nous nous mettons à table où nous nous laissons tenter tous les deux par une entrée et un plat accompagnés d’une bouteille de vin local et d’une d’eau gazeuse. Caro s’offre même un petit dessert. Une cuisine sympa à prix doux puisque nous nous en sortons pour moins de 17€ pour nous 2 ! Quand on vous dit que c’est maintenant qu’il faut visiter l’Albanie…