Albanie, Europe

Le centre de l’Albanie : entre patrimoine et Histoire 

Aujourd’hui, c’est 3 heures de route qui nous attendent pour rejoindre notre prochaine destination de ce roadtrip : Berat. Après un petit-déjeuner colossal au buffet de l’hôtel, nous récupérons notre voiture et commençons à redescendre vers les plaines albanaises. Notre route nous mène de Krujë vers Durrës avant de nous faire redescendre vers Fier et, enfin, bifurquer en direction de Berat. A nouveau, les routes sont en bien meilleur état que ce que nous redoutions mais la vigilance reste de mise.

Berat, la ville aux 1.000 fenêtres

Nous avons hâte de rejoindre Berat. Il faut dire que tout ce que nous avons déjà pu lire ou voir de la ville donne sérieusement envie. Imaginez : une ville médiévale composée des maisons ottomanes parfaitement alignées et donnant l’impression qu’elles regardent toutes dans la même direction.

Après le confort de Krujë, nous décidons pour cette étape de revenir à plus d’authenticité et de loger chez l’habitant. Tout au bout d’une petite route au nord de la ville, nous nous arrêtons chez Lili. Nous y sommes accueillis par un couple de sexagénaires absolument charmant. Une amie du couple est également présente et partage une tasse de thé et quelques parts de cake. Notre voiture est à peine garée que nous sommes conviés à les rejoindre. Une discussion presque surréaliste débute entre quelques bribes d’anglais, d’italien et d’allemand ! Le genre de souvenir que seul un voyage de ce type peut vous apporter.

Après nous être installés et avoir aidé Lili à faire notre lit, nous quittons nos hôtes pour rejoindre le centre. La ville est coupée en 2 par la rivière Osum. Sur la rive droite, les quartiers modernes, les bars, les restaurants et les commerces. C’est également sur cette rive que se trouve le quartier historique de Mangalem, l’ancien quartier musulman de la ville. Il est composé de petites ruelles tortueuses et grimpantes, bordées de petites maisons blanches typiques. Toutes les maisons et leurs fenêtres sont orientées vers la rivière, ce qui vaut à la cité d’avoir reçu le surnom de « ville aux 1.000 fenêtres ». Spectaculaire en effet !

Plus haut, une ascension escarpée nous mène à la Citadelle qui domine la ville (oui encore une Citadelle :-)). La citadelle de Berat est un petit village avec ses maisons, ses habitants, ses restaurants, bars et autres hôtels. En chemin, nous croisons un vieux monsieur qui monte également vers la citadelle. A mi-chemin, il bifurque sur la gauche dans les bois vers ce qui semble être un raccourci. Après une seconde d’hésitation, nous décidons de lui emboîter le pas… et nous arrivons bel et bien en plein milieu du village forteresse. Ce n’est qu’en quittant la citadelle à la fin de notre visite que nous reprenons la route « normale » et que nous nous rendons compte que notre raccourci nous a évité de passer à la caisse à l’entrée ! Promis, ce n’était même pas fait exprès 🙂

Autre citadelle, tout autre atmosphère à nouveau. Entourée de remparts, il est plaisant de flâner dans ses ruelles pavées et de découvrir la vie des habitants. Certains profitent des quelques rares touristes pour tenter de vendre quelques pièces d’artisanat, de la dentelle ou encore des épices et plantes fraîchement cueillies dans les montagnes voisines. Après un super lunch – composé de grillades, d’une moussaka, d’une grande bière et d’eau – à l’agréable terrasse ombragée de la taverne Klea (1.350 Lekkes pour nous 2, soit environ 10€), nous sommes fin prêts à débuter les visites.

Taverna Klea

Loin de sa réputation peu flatteuse, l’Albanie est un pays très accueillant où règne une grande tolérance confessionnelle. Chrétiens, musulmans, orthodoxes… tous vivent en bonne harmonie en respectant le culte de l’autre. Les sites touristiques témoignent également de l’Histoire multiconfessionnelle du pays. Il est donc tout à fait normal de retrouver au sein même de la citadelle mosquées, églises catholiques et byzantines. Mention particulière pour l’église byzantine de la Sainte-Trinité qui, malgré sa taille plutôt modeste, semble dominer de son rouge vif les montagnes environnantes. Ne manquez pas non plus la visite du musée Onufri (entrée : 200 Lekkes par personne), le plus célèbre peintre d’icônes albanais… dont, il faut bien l’avouer, nous n’avions jamais entendu parler. Le musée se trouve dans l’ancienne cathédrale orthodoxe La Dormition de la Sainte-Marie. Les icônes aux drôles de bouches pincées nous ont amusées tandis que l’église entièrement faite de bois tordu par les années nous aura fait son petit effet.

Après 2 bonnes heures dans la citadelle, nous entreprenons de redescendre vers le centre-ville. En chemin, nous croisons l’incontournable musée ethnographique de la ville :-), la mosquée du roi et, ici aussi, le tek helveti. Avant de rejoindre la rive opposée, qui donne la meilleure vue sur les façades de la ville, nous prenons le temps de nous balader le long de la rivière où l’essentiel des bars et des restaurants de la ville ont élu domicile. Nous prenons un rafraîchissement en regardant la vie se dérouler. Tous les habitants semblent se donner rendez-vous : personnes âgées (des hommes essentiellement), amoureux, étudiants et groupes d’amis remplissent abondamment les terrasses.

Avant de retourner chez nos hôtes pour prendre une douche bien nécessaire sous cette chaleur de septembre, nous allons prendre le pouls de l’ancien quartier chrétien. Gorica, c’est son nom, est le parfait reflet de son frère d’en face, comme si les architectes de la ville avaient utilisé un miroir pour dessiner les plans de la ville. La troublante ressemblance se limite à la configuration du quartier, la richesse culturelle est ici bien moindre. Deux églises et c’est à peu près tout… ou alors nous sommes passés à côté.

Nous revenons à Gorica pour dîner, au restaurant Antagoni. Rien de bien mémorable à vous narrer  ici, ce n’est pas nous qui allons vous recommander chaudement de choisir cet endroit. Le plus gros atout du restaurant est sa vue imprenable sur le quartier d’en face. Nous avions d’ailleurs choisi de dîner au très recommandé Home Made Food Lili mais c’était complet. Attention, bien que le nom soit très similaire, cette Lili n’a rien à voir avec la Lili qui nous héberge. Ce restaurant se trouve dans les ruelles escarpées de Mangalem. Si vous voulez profiter de cette table, il faut impérativement réservé ! Le restaurant compte à peine 3-4 tables…

Gjirokastra : la belle médiévale

Située à seulement 30km de la frontière grecque, la ville de Gjirokastra (ou Gjirokastër) est un petit joyau médiéval. Un de nos gros coups de coeur assurément !

Après un peu moins de 3 heures de route, nous traversons la partie la plus récente de la ville située dans la vallée et nous commençons notre ascension vers le coeur historique de la cité. Une expérience de conduite mémorable bien qu’un brin stressante. Des ruelles aussi minces qu’une Jane Birkin au régime dans lesquelles vous vous surprenez à prier pour être le seul conducteur à avoir eu l’idée d’emprunter ce passage. Des ruelles aux pavés polis et aussi glissants qu’un savon de Marseille mouillé. Des ruelles au dénivelé susceptibles de donner des sueurs froides à Luc Alphan !

Nous débarquons à l’hôtel Kotoni, une ancienne maison traditionnelle réaménagée en hôtel. Les 6 petites chambres aux murs épais comme la montagne sont de petits bijoux au charme infini. Comptez 25€ la nuit avec petit-déjeuner.

Alors que nous cherchons une personne à l’accueil, nous croisons un groupe de Français qui nous confirme que nous faisons le bon choix en résidant ici. Nous sommes rapidement rejoints par une jeune femme qui nous convie à partager une tasse de thé en attendant de nous libérer une place de parking juste en face de l’hôtel. Accueil au top !

Nous nous installons juste avant midi, il est temps de trouver un endroit pour casser la croûte. Nous avons repéré une terrasse en contrebas qui paraît agréable, la Taverna Kuka. Le menu et l’accueil le sont tout autant, nous nous installons donc pour un lunch bien plaisant.

La Taverna kuka et sa large terrasse

Le ventre repu, nous pouvons commencer nos visites. Nous décidons d’entamer les calories fraîchement avalées en montant vers la citadelle dont les tours dominent encore le vieux centre et la vallée de Drinos offrant un spectaculaire panorama. D’anciennes geôles, un musée militaire, un mausolée bektashi (oui oui aussi) et une superbe Tour de l’Horloge vous y attendent. Entrée à seulement 200 Lekkes par personne… pour combien de temps encore !

Nous redescendons ensuite vers le vieux centre. Boutiques d’artisans, restaurants et bars vous attendent les bras ouverts dans ces maisons aux toits grisâtres. Nous poursuivons notre chemin jusqu’à la Maison Skëndulaj (visite guidée à 200 Lekkes par personne), une maison typique transformée en musée. Nous y découvrons la vie des Albanais ainsi que les us et coutumes locales de l’époque.

Après une douche revigorante et un petit apéro à la Taverne Kuka (à nouveau), nous allons dîner au restaurant Kutjimi, bien référencé sur TripAdvisor. Et nous ne sommes pas déçus ! L’accueil est chaleureux, le service efficace et la nourriture, bien que très locale et ce que ça suppose, de bonne facture. A propos de facture, nous nous en sortons pour 1.900 Lekkes (environ 14€) pour un repas gargantuesque composé de 7 plats, d’eau et de vin.

Après une dernière promenade digestive, nous regagnons notre hôtel pour y retrouver les bras de Morphée. Demain, nous descendons à la conquête de la Riviera albanaise et ses plages de rêve.