Dalat : un Nouvel An improvisé sur les hauts plateaux vietnamiens

Alors que nous avions prévu de nous rendre dans la petite station balnéaire de Mui Ne pour fêter la Saint-Sylvestre, nous changeons radicalement d’avis car nous désirons suivre mon frère et sa compagne à Dalat (ou Da Lat, les 2 orthographes semblent valables), soit à 155 kilomètres plus au nord. Nous débarquons alors dans cette petite ville de montagne le 31 décembre à l’aurore, dans la froideur humide et ensoleillée de l’hiver.

Un trajet Ho Chi Minh-Dalat plutôt mouvementé

Tous les quatre, nous avions quitté Saigon la veille avec un bus de nuit de la compagnie Futa. Malgré un retard de près de 40 minutes au départ, nous sommes arrivés bien à l’heure et entiers à quelques kilomètres du centre-ville. Il vaut la peine de préciser « entiers » car nous avons risqué de tomber de nos couchettes à chaque virage de la route sinueuse qui nous menait au cœur des hauts plateaux vietnamiens. Inutile de préciser que la nuit fut plutôt courte, surtout si l’on mentionne les lumières dignes d’une boîte de nuit allumées et éteintes selon les envies du chauffeur. Bon point néanmoins : un minivan de la même compagnie nous attendait vers 5h30 pour nous conduire près de l’hôtel que nous avions réservé quelques heures plus tôt. Le tout pour un tarif de 440.000 dôngs pour nous deux. Ne prenez donc pas de taxi à la descente du bus, même si leurs conducteurs sont insistants ; il suffit d’attendre quelques minutes que les minivans soient prêts à partir.

Arrivés au Family Guesthouse, nous espérons rattraper quelques heures de sommeil histoire d’être en forme pour le passage à l’an neuf, mais c’était sans compter les quelques surprises que nous réservait l’hôtelier… Il faut avouer que Dalat, ville à part dans le cœur des Vietnamiens, est très prisée à cette période de l’année et que la majorité des auberges et guesthouses affichaient complet. Tout d’abord, le Family Guesthouse était fermé à notre arrivée. Comme le jour était à peine levé, cela ne nous a pas spécialement inquiété mais nous avons vite compris qu’il n’ouvrirait pas de sitôt et que le patron avait pris ses arrangements avec son voisin sans nous avertir. Soit. Nous n’allons pas nous en faire pour si peu, le tarif restant inchangé. La seconde surprise arrive peu après avec la visite des chambres, ou plutôt de la chambre… Et oui, nous dormirons à quatre, deux dans un lit et deux sur un matelas à terre, dans une pièce qui ne doit pas dépasser les 6 m². Pas super pratique pour achever notre nuit. Heureusement, Seb et Meo (sa compagne) s’arrangent et trouvent un logement à quelques pas de là ; nous héritons donc de la chambre pour deux nuits, au prix de 450.000 dôngs.

Dalat et son festival des fleurs

Après nos installations respectives et un petit café sucré bouillant (il fallait bien ça !) bu sur la terrasse, emmitouflés sous une énorme couverture douillette, nous voilà prêts à découvrir Dalat. Je ne l’ai pas encore précisé, nous avons avec nous un guide de choix : Meo est originaire de ce petit coin niché à 1.500 mètres d’altitude.

Direction le lac Xuan Huong, point central et vibrant de la ville, où se réunissent ses habitants à la moindre occasion. Bordées de jardins colorés, d’échoppes de fleurs et de parcs à bonsaïs, les rives romantiques de ce lac nous invitent à nous y promener. Dalat est réputée pour ses larges cultures et variétés de fleurs et de fruits, bio notamment. Davantage encore du 30 décembre au 3 janvier où la ville organise son 6ème festival des fleurs.

 

Nous sillonnons également son marché, ses rues centrales, les allées de son université, ses petits jardins aménagés ci et là… Et vivons ainsi deux belles journées de balades, interrompues par des moments de détente où nous découvrons des jus de fruits chauds (très bons !) et dégustons des muffins offerts par le barman, juste comme ça, parce que « c’est la nouvelle année » 🙂 Pour l’anecdote, nous affichons au compteur tout de même pas loin de 38 kilomètres de marche et l’équivalent de 82 étages montés pour ces deux jours (merci à l’application GSM qui calcule tout ça). Fallait le préciser je trouve 🙂

Dalat : un Nouvel An différent et local

Le clou du séjour revient bien sûr à la soirée du 31 décembre. C’est au cours de l’une de nos promenades ce jour-là que nous tombons sur une affiche alléchante du Artist Alley Restaurant, situé dans une toute petite ruelle du centre-ville. Au menu, 6 plats sont proposés et ils nous promettent un concert de musique traditionnelle et une démonstration de peinture. Prix demandé pour tout ça : 220.000 dôngs/pers sans les boissons. Plutôt sympa surtout quand c’est si improvisé : nous n’avions pas la moindre idée de comment nous marquerions le coup pour célébrer la nouvelle année. Seul bémol, la soirée se déroulera sans Seb et Meo qui, fatigués et un peu malades, préfèrent suivre le « flow » des festivités en rue et ne pas rentrer trop tard pour poursuivre ce moment dans leur cocon.

C’est donc vers 20h30 que nous franchissons la porte de ce petit restaurant et découvrons une salle charmante, aux murs remplis de toiles colorées réalisées des mains du patron. Les musiciens et chanteuses sont déjà à l’œuvre et la pièce est baignée d’une douce chaleur réconfortante. Nous commandons le fameux menu et optons pour un verre de vin rouge de la région (oui, oui, de Dalat). Nous vivons ainsi un très agréable moment au rythme de la guitare, des voix des deux chanteuses et du murmure de la salle. Au milieu du repas, le patron vient nous rejoindre : il installe son chevalet devant notre table et commence à tremper ses doigts dans l’encre de Chine… Un moment magique dont nous garderons aussi une trace matérielle puisqu’il nous offre la toile qu’il a dessiné pour nous.

 

C’est peu avant l’heure fatidique de minuit que nous sortons prendre le pouls de la ville. Nous nous dirigeons naturellement vers le lac où ils avaient dressé une scène pour l’occasion, scène en forme de fleur évidemment 😉 Des dizaines de chanteurs et danseurs, habillés à l’image de personnages de Disney ou de mangas célèbres, animaient déjà la soirée. Quelques centaines de personnes, des Vietnamiens essentiellement, étaient assis et commençaient à s’agiter sur les gradins, l’heure s’approchant. Nous sommes arrivés une dizaine de minutes avant minuit et c’est parmi la foule que nous attendons frénétiquement le décompte, avec en arrière fond des chansons allant de la Reine des Neiges à We will rock you de Queen.

5..4..3..2..1.. Happyyyyy New Year !!! Ça y est ! Nous voici en 2016 ! Nous avons même eu droit à petit feu d’artifice. Le temps de se mêler davantage à une partie de la foule en délire dansant sur la scène, de faire sauter le bouchon de la bouteille de champagne que nous avions acheté à Saigon (et de le boire, en partie du moins), qu’il était déjà près de 2h du mat’ quand nous sommes rentrés dans la nuit noire et froide à l’hôtel.

Après cette belle étape, imprévue et particulière, vécue à Dalat, nous n’étions pas mécontents de reprendre la route vers la côte et le soleil de Nha Trang. Toujours à quatre car cette fois, c’est mon frère et Meo qui ont choisi de nous suivre.

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