Savannakhet ou le plaisir de se perdre au Laos

Savannakhet : un programme plaisir

Le jour se lève à peine quand nous posons nos pieds sur le sol de Savannakhet. Il doit être aux alentours de 4h30 à notre sortie du bus et nous distinguons au loin une seule petite échoppe illuminée en bord de gare. Des chauffeurs de tuk tuk, taxi et moto nous attendent patiemment mais il est trop tôt pour se rendre à notre guesthouse et l’envie d’un café à la vue de cette lumière nous taraude. Une femme s’active seule au coin d’un feu : ça sent bon les saveurs chaudes du Laos.

Nous nous regardons du coin de l’œil avec un autre couple du bus qui semble lui aussi attiré par un réveil en douceur. Nous nous saluons et, surprise, tout le monde parle français. Ils sont Suisses. Les premiers mots s’échangent, la chaleur du café brise la glace tout en dessinant les premiers sourires sur les visages.

Cela fait également quelques semaines qu’ils suivent leur route de villes en villages… Nous nous racontons nos parcours mais aussi quelque peu nos vies. Un lien se crée. C’est l’une des raisons qui font que l’on devient « addict » aux voyages : la magie et la richesse que provoquent les belles rencontres, locales ou entre touristes.

Les minutes défilent à vitesse vv’ et le soleil pointe déjà le bout de son nez. Il est temps de rejoindre notre nid. Ariane et Stephan ne savent pas où dormir, nous les embarquons avec nous. Nous avions eu un coup de cœur pour une auberge faite de cabanons entourant un petit jardin luxuriant. Nous l’avions découverte sur le net et nous ne sommes pas déçus à notre arrivée… même si nous trouvons porte close.

Notre parenthèse inattendue au Sala Thongyon

Il n’est pas loin de 7h30 et c’est un chien qui nous accueille avec ses aboiements. Bien lui en prend car il attire l’attention d’un voisin qui vient à notre rencontre. Nous nous présentons à lui tant bien que mal en langue des gestes et le voici tambourinant de toutes ses forces sur la porte. Quelques minutes plus tard, une charmante Laotienne, à la cinquantaine sereinement affichée, nous ouvre la grosse barrière en bois coulissante qui nous sépare d’elle. Le sourire aux lèvres et les yeux encore dans son oreiller, elle nous présente le décor du « Sala Thongyon« . Il est composé d’herbes folles, d’arbres fruitiers, d’étang et de potager encadrés par une allée menant aux cabanons. Poétique.

C’est le mot : nous vivrons une parenthèse poétique et paisible dans la campagne laotienne, où Fab se remettra totalement d’aplomb de son pied encore fragile (souvenez-vous de nos péripéties à Vientiane 😜). Les présentations et installations faites, malgré la nuit plutôt légère (typique des bus), nous abandonnons nos hôtes et amis pour déjà nous immerger dans la ville. Nos ventres n’y sont pas pour rien : ils crient famine comme jamais.

A peine quelques cafés récents semblent ouverts, bien que peu de tables soient occupées. L’un en particulier nous saute aux yeux (et aux oreilles) avec sa musique de jazz et ses volets turquoises fraîchement peints. Nous parcourons le menu et, malgré les prix élevés, le proprio nous convainc de nous attabler. Il faut dire qu’il se présente comme un baroudeur au bagout bien trempé. Au fil de ce petit-déjeuner sain et continental qui ravit nos estomacs, nous avons droit à quelques bribes de son expérience. L’une de ses remarques, connue mais tellement vraie, nous marquera : « Osez vous perdre, sortir des sentiers battus, et vous vous trouverez au-delà de ce que vous imaginez !« … Cette simple morale nous suivra jusqu’à la fin de notre voyage… Et toujours maintenant.

De retour au « Sala Thongyon », nous sommes accueillis par Ariane et Stephan, qui papotent avec nos hôtes, mais aussi une ribambelle de moustiques. Là, on se dit qu’on va enfin pouvoir utiliser la moustiquaire que Fab se coltine à porter depuis des semaines, et c’est à ce moment que nous entreprenons la démarche périlleuse de sa mise en place. Dommage que vous n’étiez pas là pour voir ça ! 😅 Disons qu’avec 2-3 astuces à la McGyver, un clou planté dans un bout de bois du mur et le ventilo, Fab s’en est sorti comme un chef. Nous pouvons donc profiter en toute quiétude du charme et de l’atmosphère apaisante de l’auberge.

A 7, car les proprios du guesthouse et un autre pensionnaire se joignent à nous, nous refaisons le monde autour de quelques tasses de thé offertes par nos hôtes. La charmante dame a épousé un Français et le cinquième pensionnaire est un Suisse-Allemand qui parlent parfaitement la langue de Molière ; nous nous retrouvons ainsi momentanément plongés au cœur de la francophonie à l’autre bout de la planète. Politique, voyages, coutumes, philosophie… tous les sujets y passent pendant ces deux soirées sans que nous voyons les aiguilles tourner. Nous nous découvrons des livres et points d’intérêt communs et évoquons pendant des heures au fil de ces deux journées Lilou Macé, Laurent Gounelle, l’Hoponopono, James Redfield, les synchronicités, Sonia Choquette, le « Why Café » (un bref ouvrage concret de John Strelecky qui vous oblige à réfléchir à au moins 3 questions existentielles)…

Savannakhet : un village au charme désuet

Les journées, nous flânons dans les quelques ruelles ensoleillées de Savannakhet, une petite ville aux airs de village perdu à 450 km au sud de la capitale. Peu de monde, et encore moins d’Occidentaux, circulent dans ses rues. Où sont ses habitants ? À se demander s’ils ne jouent pas à « cache-cache » ?!… Le calme est tel que nous avons l’impression de flotter dans l’ouate. Nous visitons des temples (encore et toujours) mais aussi la jolie église Sainte-Thérèse située au milieu de sa place centrale. C’est de là que partent les 4 voies principales de la ville ; elles mènent grosso modo vers les commerces, les quelques cafés, les abords du Mékong et l’extérieur du centre. Hormis la quiétude procurée, l’attrait de Savannakhet, initialement bâtie par les Français, réside dans son architecture coloniale. La plupart des monuments est malheureusement peu entretenue et le charme de nos balades, à 2 ou à 4, se fait désuet.

Comme toute belle chose a une fin (pour qu’une nouvelle puisse démarrer), cette jolie parenthèse s’achève avec la reprise de nos chemins respectifs : alors que nous continuons notre descente vers Champasak et son temple Wat Phu, Ariane et Stephan changent de cap pour Hué, au Vietnam. Nos au-revoir se font à la gare des bus où nous nous sommes rencontrés… D’autres aventures s’annoncent…

Caro

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