Voyager pour réapprendre le changement

Dans nos sociétés modernes, nous percevons bien souvent (et peut-être malgré nous) le changement comme une contrainte. Nous aimons nos petites habitudes, bien souvent plus importantes à nos yeux que nous ne nous l’avouons. Nous nous rassurons de prendre chaque jour notre voiture, un bus, un métro ou un train pour nous rendre à notre boulot. Et chaque jour, nous reprenons machinalement les mêmes chemins pour nous rendre aux mêmes endroits. Comme si un itinéraire différent pouvait être une source de danger. Nous cocoonons dans nos maisons et appartements dans lesquels nous avons attribué à chaque chose une place et à chaque place une chose. Nous avons notre place dans le divan, notre place dans le lit, notre place à la table de la salle à manger…Il faut dire qu’on nous a bien éduqué à ce mode de pensée dès notre plus tendre enfance. A l’école, on nous octroie notre place dans le rang, notre place dans la classe. On nous apprend que nous devons trouver notre place dans la société. Qu’il faut bien travailler pour obtenir une bonne place dans une grande entreprise.

Une fois toutes ces choses assimilées et réalisées, le changement, qui était souvent une source d’excitation, d’amusement et de jeu pour l’enfant que nous étions, devient une source d’angoisse. Combien d’employés détestent leur job ou leur patron mais n’osent en changer (j’admets que c’est sans doute compliqué aujourd’hui et qu’il faut bien payer les factures) ? Combien de couples persévèrent à essayer de faire fonctionner une histoire morte ?

Tout ça est bien humain peut-être. L’inconnu peut être effrayant. Un nouveau job sera-t-il forcément mieux que celui qu’on quitte ? Je connais mes collègues et mon chef mais qui seront les nouveaux ? Vais-je me sentir mieux ou moins bien ? Je vais devoir réapprendre un nouveau métier, de nouveaux processus, me faire un nouveau carnet d’adresses, des relations. Vais-je y gagner ou perdre le peu d’acquis que je suis parvenu à acquérir ici ?

Lorsqu’on voyage, ce paradigme tend à s’inverser. Je parle bien entendu de longs voyages, pas des 2 semaines annuelles à la Costa del Sol… Durant un voyage, le changement devient la norme. Il est perpétuel. Chaque jour ou presque on change de lieu, de nid, de lit, de langue, de culture, de monnaie, de compagnon de route.

Après seulement quelques mois de voyage, le changement est devenu notre quotidien. Non pas que nous le percevons comme une routine mais comme partie intégrante de nos vies. Il n’est pas devenu banal, il constitue l’essence de notre quotidien.

Le changement redevient dès lors une richesse qui gomme toute les incertitudes. Peu importe de savoir si la prochaine destination sera mieux ou non. Elle sera différente et c’est justement ce qui fera une large partie de son charme.

Voyager nous force à digérer le changement, à le faire nôtre. Voyager nous impose à percevoir le renouveau comme une opportunité sans avoir à la juger, la jauger en comparaison à une autre ou le statu quo. On l’accepte pour ce qu’elle est intrinsèquement  : une possibilité de nouvelles expériences enrichissantes.

Fab

 

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