Albanie, Europe

Riviera albanaise : plages et Butrint

Avant de démarrer le moteur pour poursuivre notre route, nous devons décider si nous faisons un détour par Permët ou si nous descendons directement vers Saranda. Seulement 90km séparent Permet de Gjirokastra mais ils s’avalent en +/- 2h tout de même. Faire l’aller-retour n’est pas une option. Il faut choisir… et, comme on dit, choisir c’est renoncer.

Après de longues hésitations, nous décidons finalement de descendre immédiatement vers la Riviera pour aller, enfin, nous poser et profiter des plages. Il faut dire que nos derniers voyages n’ont pas ressemblé, même de loin, avec l’idée de ce que la majorité des gens appellent « vacances ».

Nous zappons donc la prometteuse Permët, le canyon de Langaricë et, peut-être surtout, le pont et les bains thermaux de Ura e Kadiut. Une raison de plus, avec les Alpes albanaises, de revenir traîner nos guêtres dans ce magnifique pays.

La source de l’Oeil bleu

A quelques kilomètres seulement de notre destination, Saranda, nous nous arrêtons à la source de l’Oeil bleu. Syri i kaltër, son nom albanais, est une source souterraine profonde de 45m qui, si on la regarde du haut, ressemble à l’iris dans bel oeil bleu-vert.

Nous pensions passer l’après-midi sur le site mais, au final, nous passerons presque plus de temps à rouler sur la route de terre (NDLR : qui, c’est sûr, sera très bientôt asphaltée et envahie de bus de touristes…) qui nous mène à la source qu’à la source elle-même. Une fois la source admirée et la courte balade le long du magnifique cours d’eau tout teinté de variations de bleus et de verts, vous pourrez encore prendre un café ou grignoter un petit quelque chose et c’est tout.

Saranda, Butrint et Ksamil 

Nous arrivons maintenant à Saranda, la grosse station balnéaire du pays. Difficile d’imaginer que nous sommes encore en Albanie ici. Côte bétonnée, circulation étouffante, touristes et tarifs qui ont doublé depuis notre arrivée. C’est sûr, ce n’est pas à Saranda que nous allons séjourner trop longtemps. Vous le comprenez, Saranda présente bien peu d’intérêts mais elle constitue néanmoins un bon point de chute pour sillonner les alentours et certaines des plus belles plages albanaises.

La veille, nous avons fait quelque recherches sur le net pour dénicher un hôtel sympa avec parking. Nous arrivons donc au Star Hotel Saranda, un établissement flambant neuf d’une propreté exemplaire et où nous sommes les seuls à résider ! Heureux de recevoir des clients, le patron nous surclasse et nous nous retrouvons dans une chambre gigantesque avec une petite vue de biais sur la mer. Elle n’est pas belle la vie ?!

Après nous être installés et avoir rassasier nos estomacs, nous passons le reste de la journée allongés sur la plage de Saranda. Certes, c’est loin d’être la plus belle plage du coin mais nous profitons néanmoins de ce jour de vacances.

Butrint

Après notre après-midi paresseuse de la veille, nous avons un peu de culture au programme de la journée : la visite de Butrint, l’ancienne cité gréco-romaine. Après un petit-déjeuner aux saveurs très industrielles (ou, en tout cas, trop pour nos estomacs peu habitués à ce genre de nourriture), nous nous mettons en route en direction du sud.

En chemin pour Butrint, nous prenons aussi la mesure du parc national éponyme, de son gigantisme, de ses lacs et de sa nature luxuriante et préservée. Nous traversons également le village de Ksamil, future méga station balnéaire sans doute, où nous comptons passer l’après-midi après la visite du site archéologique.

A notre arrivée, seules quelques voitures et 2-3 bus garnissent les parkings à l’entrée du site de Butrint. Nous nous garons sans mal à l’ombre d’un arbre, histoire de retrouver la voiture fraîche à notre retour. Butrint est un site archéologique majeur de la région, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. Nous sommes habitués à voir peu de touristes en Albanie mais cela nous surprend quand même d’en voir si peu ici, à quelques kilomètres à peine de la frontière grecque pourtant. Entre Butrint et Pompéi (que nous avons visité l’an dernier), ce n’est pas le grand écart mais un saut sidéral !

Nous nous acquittons du droit d’entrée, pas de vieux monsieur à suivre vers un raccourci cette fois. Pour info, nous avons payé 700 Lekkes par personne, soit à peine plus de 5€. Un prix ridiculement bas pour un site dont les premières pierres ont été posées au 8ème siècle avant notre ère et qui aura quand même abrité Grecs, Romains, Byzantins et Vénitiens !

Très sincèrement, nous ne pouvons que recommander la visite. Les vestiges, comme perdus dans la nature, sont, pour certains, bien conservés. Une partie du site est située au bord du lac rendant la balade apaisante. Mention spéciale au théâtre antique, aux restes de la cathédrale et au château abritant un petit musée. C’est assez incroyable de voir comment les différentes civilisations ont laissé leurs marques, parfois si différentes, sur un seul site.

Ksamil : un aperçu des plages albanaises 

La matinée passée à flâner entre les vestiges de Butrint, nous remettons le cap vers Ksamil à moins de 15 minutes de voiture. D’abord pour y manger, ensuite pour profiter de sa belle plage dite des 3 Îles. Nous y trouvons de jolies petites plages face à 3 îlots, des eaux turquoises, du sable blanc et des structures de bois surplombant la mer sur lesquelles sont alignés quelques transats. Quelques restaurants aux tarifs tout à fait acceptables complètent le tableau.

Habituellement, la location des chaises longues revient à 250 Lekkes la journée… même pas 2€ ! Mais, à nouveau, nous sommes quasiment seuls et le jeune homme qui vient à notre rencontre nous fait signe de nous installer gratuitement ! Décidément 🙂

Ksamil est juste une mise en bouche de ce qui nous attend pour la suite. La beauté de la Riviera albanaise n’est pas juste un mythe. Des plages de rêve aux eaux qui nous ont, parfois, le temps d’un instant, ramenées jusqu’à Cuba.